Dans les coulisses du Lux Film Fest

Pour rassembler pendant deux semaines près de 22 000 spectateurs – un chiffre qui augmente de 20 % chaque année –, il faut que les organisateurs – seulement quatre permanents – travaillent tout au long de l’année. « On commence dès le lendemain du festival avec le suivi de nos partenaires institutionnels et privés », explique Gladys Lazareff, coordinatrice générale. Car, si le festival est financé en grande partie par la Ville de Luxembourg et le ministère de la Culture, 40 % du budget provient de sponsorings privés, « un taux assez rare dans la culture ».

Mais le nerf de la guerre pour tout festival, ce sont les films et la programmation. À ce titre, le festival de Luxembourg suit quatre lignes : un panorama de la création cinématographique mondiale, un vaste programme pour le jeune public, une sélection de documentaires et un focus sur les films produits et coproduits au Luxembourg.
La programmation pour le jeune public est la première à être bouclée pour que les écoles puissent s’y inscrire. Des dossiers pédagogiques sont réalisés pour chaque film et des intervenants sont sélectionnés.

« Pour trouver les films, il faut aller sur les marchés dans les festivals comme Cannes ou Annecy et rencontrer les distributeurs, les vendeurs, les producteurs », détaille Alexis Juncosa, responsable de la ­programmation. Il rassemble ainsi quelque 250 films, plus environ 90 pour le jeune public. Les comités ­artistiques visionnent ce qu’on appelle des « screeners », des versions du film pas tout à fait terminées, sans les effets spéciaux ou l’étalonnage des couleurs…

La sélection des films se fait de façon collégiale, avec des discussions parfois animées où chacun fait valoir ses goûts, ses choix, les lignes qu’il défend. « On est généralement d’accord sur 80 % des films, les bagarres’ se jouent sur les autres 20 % », explique Alexis Juncosa, qui constate que « les thématiques autour des droits humains, du racisme, de la défense des minorités rassemblent généralement les suffrages ». Les films choisis, il faut encore les obtenir de la part des distributeurs ou des vendeurs, les convaincre que « le Festival de Luxembourg est un cadre qui correspond à la dynamique du film ».

En outre, les organisateurs travaillent toute l’année à l’établissement d’un programme cadre avec diverses institutions partenaires, développent de nouveaux outils, cherchent des invités et intervenants… un travail
de longue haleine.