24h Limpertsberg

À proximité du centre-ville, le Limpertsberg est à la fois un quartier résidentiel, de business, de culture et d’éducation. Petit tour pour brasser tous ces aspects en une journée.

07:47 – ROULEZ JEUNESSE

Ça s’active au lycée

EtudiantsPas moins de six lycées classiques et techniques sont situés dans le quartier du Limpertsberg, offrant des formations variées à une population de jeunes élèves venus de la capitale et de tout le pays. Original et unique dans le paysage luxembourgeois, le diplôme de technicien de l’image est proposé au Lycée Technique des Arts et Métiers. « C’est un cursus de quatre ans au cours desquels sont enseignés les aspects techniques et artistiques de la photographie et de la vidéo, la prise de vue, le montage, le son, la lumière » détaille Serge Benassutti, leur professeur. Les jeunes apprennent ainsi à manipuler le matériel, créer des effets, travailler avec les projecteurs, les logiciels spécifiques…

C’est exactement ce que Noah et Diego, 19 ans, et Alexandre, 17 ans, apprécient : « on travaille beaucoup la pratique en découvrant différents métiers », estime l’un. « On a expérimenté en réel le travail de réalisation, c’est très enrichissant », se réjouit l’autre. « On a un bon matériel de niveau professionnel », ajoute le troisième. S’ils ont peu de contacts avec les étudiants des autres lycées, ils sont contents vis-à-vis du quartier dans lequel ils étudient : « on est tout près du centre », « il y a beaucoup de jeunes », « l’offre de restaurants et snacks est très variée et pas chère ».

09:21 – DITES-LE AVEC DES FLEURS

L’important c’est la rose

2_fleuriste-5Depuis quatre générations, la famille Klopp s’occupe de fleurs. Marc veille aux destinées de l’entreprise familiale, avec quatre serres, dont une intérieure. Selon les saisons, les fleurs cultivées et vendues varient beaucoup. « Pour l’instant, en hiver, ce sont les roses de Noël, les bruyères ou les skimmia qui sont les plus demandées. Avec l’été vient le temps des compositions pour les mariages, avec surtout des fleurs blanches. » Mais ce que préfère le fleuriste, ce sont les tulipes et les renoncules « pour leur diversité de couleurs ».

Le quartier où le fleuriste Marc Klopp est installé est aussi marqué par l’histoire des rosiéristes, dont les cultures produisaient autrefois des fleurs exportées dans le monde entier. En 1855, deux jeunes jardiniers, Jean Soupert et Pierre Notting, avaient établi leur pépinière et leurs créations de roses ont obtenu des médailles dans divers concours de l’époque. À la fin du 19e siècle, le plateau était couvert de champs de roses et plus de 200 variétés y ont vu le jour. Une histoire à découvrir en suivant le Sentier des roses proposé par le LCTO. .
Fleurs Klopp
5, avenue de la Faïencerie

12:18 – FAIM DE LOUP

Déjeuner hybride

3_mont-st-lambert-4A l’heure de la pause déjeuner, les estomacs crient famine. Ça tombe bien, le quartier regorge de restaurants pour tous les budgets et des types de cuisines variés. Le mélange des genres est à découvrir au Mont-Saint-Lambert, qui doit son nom au quartier. On a en effet oublié que, en luxembourgeois, Lampertsbierg veut précisément dire « la montagne de Lambert ». Si cette auberge à la façade rouge évoque la tradition locale, c’est pourtant une cuisine asiatique qu’on y déguste. Chen Chong a repris l’établissement de ses parents et propose des plats chinois classiques, nouilles sautées, nems, dim sum… Le menu du jour à 10 euros attire les foules. « Tout au long de la journée, on sent le pouls de la vie du quartier ici », constate-t-il. Plus tard, c’est son associé Antoine Prignon qui prend le relais. Ce Belge a à cœur de faire découvrir les bières de son pays, ainsi qu’une carte de vins et d’alcools bien sentie.

On peut aussi manger au grand air en achetant, par exemple un sandwich au Monop’ et en allant le déguster sur un banc au paisible Parc Tony Neuman. L’occasion de découvrir les sculptures disséminées dans ce très bel espace vert. .
Mont-Saint-Lambert
97, avenue du Bois

16:32 – TROISIÈME ÂGE

Appartements avec vue

4_federspiel-4Il y a 10 ans que la Résidence Tramsschapp a été construite pour loger des personnes âgées de plus de 60 ans. « Ce n’est pas une maison de retraite, il n’y a pas de soignants sur place, mais les services d’aide à domicile viennent chez beaucoup de nos voisins », prévient Michel Federspiel qui y réside avec sa femme Monique depuis février 2006. Le couple, aujourd’hui âgé de 73 et 74 ans, a longtemps vécu dans sa maison à Crauthem avant de décider de s’installer en ville. « Une maison avec trois étages à entretenir, c’était devenu fatigant, se souvient Monique. Quand nous avons vu une annonce dans la presse pour ce nouvel immeuble, on a sauté le pas. Mais on voulait le 3e étage et le coin », renchérit Michel.

Des années plus tard, ils sont toujours ravis d’être là et profitent du quartier : « Ici, on peut tout faire à pied : aller au Cactus, à la boulangerie, acheter le journal. Il y a beaucoup de médecins, une pharmacie, les banques, la poste. » Le seul point noir, ce sont « les dizaines de bus qui passent pour les lycées, mais la chambre est à l’arrière, ça va ».

Les Federspiel connaissent la plupart de leurs voisins – la résidence compte 32 appartements –, mais les fréquentent peu. « Il y a une salle de réunion, mais personne ne s’en sert vraiment. Les gens sont bien chez eux », constate monsieur, qui continue à aller à la piscine et au sauna, quand
il ne va pas se promener au Parc Tony Neuman. « Nous sommes en forme, alors on aide les autres qui en ont besoin. Mais si on devait décliner, on sait qu’on aura une place à la Fondation Pescatore. »

19:30 – SE FAIRE UNE TOILE

Lumière sur les salles obscures

5_projectioniste-1Le monde du cinéma a bien changé depuis 1983, où un groupe de cinéphiles ouvrait le Ciné Utopia dans un garage. Ce sont aujourd’hui cinq salles et 720 places qui programment des films art et essai tout en privilégiant un cinéma de qualité des quatre coins du monde. Laurent De Freitas est projectionniste et a vu progressivement le métier changer. « Aujourd’hui, plus question de pellicules et de bobines, tout est numérique », constate celui qui a commencé sa carrière dans le matériel pour salles de spectacles. Le travail de Laurent consiste à programmer l’enchaînement des films dans les différentes salles et suivre les procédures de déverrouillage mises en place par les distributeurs pour éviter le piratage. Il gère ainsi les projections dans 15 salles à Luxembourg et à Longwy et se fait facilement une opinion sur les films. « On voit très vite ce qui va marcher ou pas en fonction du monde lors des premières séances. » Il peut juger de la différence des publics entre les salles du groupe Utopia. « Ici, au Ciné Utopia, il y a beaucoup de familles, de gens du quartier et des personnes plus âgées, plus cinéphiles qui aiment le côté plus convivial, plus cosy. Certains ont leur place attitrée ou leur séance fétiche. » .

22:05 – DERNIER VERRE

Comme sur des rails

6_tram-4S’il est un endroit qui mérite le titre de bar de quartier, c’est bien le Café des Tramways, nommé ainsi à cause de l’ancien dépôt de trams voisin. Au gré des propriétaires successifs, il est resté une référence parmi les habitués « même si à chaque changement, on a dû se réhabituer », explique Ian de Toffoli, qui fréquente l’endroit depuis 20 ans. C’est d’ailleurs ses parents qui l’ont initié à l’endroit, eux-mêmes y allant depuis toujours. « On y a une sorte de tradition familiale, comme un rendez-vous informel. »

Le décor en bois avec des fresques, le service plein de bonne humeur, la petite carte pour grignoter… en ont fait un incontournable. Tous les âges s’y rencontrent, certains y viennent juste après le travail, d’autres avant le cinéma ou après le théâtre. « Je peux y venir seul sans me sentir mal à l’aise, parfois juste pour un café, pour faire une pause dans le quotidien », ajoute-t-il. Auteur et éditeur, Ian de Toffoli constate que « beaucoup de mes projets ont pris naissance ici : que ce soient des plans de vacances dessinés sur un sous-bock ou les relectures de livres, voire même des signatures de contrats. »
Café des Tramways
79, avenue Pasteur

Auteur: France Clarinval

Photographes: Sven Becker, Mike Zenari